
Un film de James Gray, sorti en 2007 avec Joaquin Phoenix, Mark whalberg, Eva Mendès, Robert Duvall.
Au milieu de la médiocrité ambiante, « we own the night » de James Gray apporte une bouffée d'air frais. Un paradoxe car l'atmosphère y est souvent viciée. Certes, rien de révolutionnaire en terme narratif: un film noir à l'ancienne aux images bien léchées.
L'histoire: Bobby (Joaquin Phoenix déjà présent dans « The Yards ») est gérant d'une boîte de nuit, plate-forme du trafic de drogue à New York. Crapuleux, corrompu, il est dans la droite lignée des héros cyniques des films criminels. Lorsque son frère officier de police, Joseph (Mark whalberg) est grièvement blessé par un trafiquant, Bobby va devoir choisir son camp entre le monde des gangsters et celui de la loi....
Malgré ce thème rebattu du dilemme, grâce au traitement du réalisateur James Gray ce film reste captivant de bout en bout. A l'instar de « Little Odessa » (1994) le film de Gray s'immerge au coeur de la communauté russe de NYC, des racines profondes qui sont bien évidemment les siennes.
Là encore, on perçoit les difficultés de cette population à s'intégrer dans le fameux rêve américain. Garder son identité... sans se renier comme Bobby le fait. Pour ne pas freiner son ascension, Bobby qui gère une boîte branchée a américanisé son nom, caché ses liens avec sa famille juive russe. Il sort avec une « bomba latina » (Eva Mendès), joue au poker, « baise », se drogue, bref vit au jour le jour, avec tous les excès des « wasps », la classe sociale dominante. Sauf que la vie (et les scénaristes) vont obliger ce personnage plutôt veule à assumer ses origines russes et même à les revendiquer.
Les drames, vendettas, scènes de déchirements, de violences se succèdent à un rythme haletant. Non sans évoquer un Scorsese au meilleur de sa forme. Celui de « Casino » ou des « Goodfellas ». Le catholicisme fervent des italiens de Little Italy laissant place au judaïsme orthodoxe des russes. Une communauté dans laquelle le mysticisme, la dureté des rapports, l'austérité est très forte. C'est en tout cas ce qui transpire de l'oeuvre de Gray.
Une oeuvre aux couleurs grisâtres, aigres, contribuant à installer une atmosphère poisseuse, laissant dans la bouche du spectateur un goût d'amertume. Au bout du compte, dans « we own the night » tous les protagonistes nagent dans les mêmes eaux boueuses. Et chacun est mouillé. Seul le père de Bobby (Robert Duvall excellent et trop rare) conserve une forme d'intégrité morale qui confine au fanatisme.
Un bon diptyque donc avec « Little Odessa » même si dans « La nuit nous appartient », l'action prime un peu trop sur l'étude de caractères. On peut regretter surtout que le dénouement verse dans le happy end convenu et sage, avec la famille réunie sous la bannière et l'étoile de la police américaine...
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