mardi 11 janvier 2011

Cumpleanos de Compay









Compay Segundo, l’auteur du mythique « Chan chan » n’est plus...mais deux de ses fils Salvador et Basilio Repilado lui rendent hommage à travers un groupe : « Grupo Compay Segundo ». Si le résultat discographique manque de folie , la prestation donnée le 1er décembre dernier à la Cigale était « caliente » à souhait. Rencontre avec Salvador Repilado, contrebassiste et initiateur du projet…

Salvador Repilado, Si Compay Segundo vivait encore il serait centenaire. D’ailleurs votre album s’intitule : « Ceinte anos Compay ». Quel souvenir gardez-vous de votre père et de son empreinte sur la musique cubaine ?

Mon père était un ambassadeur de la musique traditionnelle cubaine. Il voyageait beaucoup, dans le monde entier. Il trouvait quelque chose de spécial dans le public français, qui l'accueillait toujours très bien. C'était quelqu'un de passionné , d’enthousiaste, qui espérait que sa musique soit bien perçue partout où il allait.

Votre père a connu une deuxième carrière inespérée grâce au film de Wim Wenders, « Buena Vista Social Club ». Comment avez-vous perçu ce film à l'époque?

Le mérite du film de Wim Wenders a été de créer une vraie dynamique entre les participants. Malheureusement la plupart ne sont plus là aujourd'hui (Ruben Gonzalez, Ibrahim Ferrer, Compay Segundo ndlr) Ry Cooder, le musicien qui avait attiré l'attention de Wim Wenders sur le Buena vista social Club (club mythique de la Havane) disait que Compay était l'âme du groupe. Ce documentaire a permis de mettre la lumière sur le peuple cubain, son tempérament , les valeurs des cubains , la musique bien sûr , mais également la lutte que nous menons à Cuba en faveur de la paix et de la fraternité.

L'album, enregistré en Italie, à Trévise mélange le « son » cubain et la musique classique avec l'accompagnement d'un orchestre symphonique. Comment avez- vous opéré le mélange?

Cela s'est fait de manière naturelle. Le projet est un disque de racines: la musique traditionnelle cubaine alliée à la tradition musicale européenne. Et en même temps le « son » est une musique qui vit dans le présent. C'est pourquoi il a été bien accueilli par le public qui avait déjà adhéré à l'esprit de « Buena vista social club. »

Justement la musique du disque ressemble beaucoup, comme c'est un hommage, à celle de votre père. Par la suite, vous envisagez de faire évoluer la direction musicale du groupe?

Pour l'instant, on continue sur cette lancée, en utilisant les possibilités de la musique symphonique, tout en conservant l'esprit de la musique de Compay. C'est encore un projet neuf pour nous et ça nous permet de ne pas rester figés dans notre approche de la musique traditionnelle cubaine.

Vous envisageriez d’autres collaborations par exemple?

Nous aimerions inviter un chanteur, un artiste français. Nous devons également faire un hommage au flamenco, une musique qui est classée au patrimoine mondiale de l'humanité…

Pour finir, quelle est l'histoire de « Chan chan», la chanson la plus connue de votre père ?

C’est une chanson qui est emblématique de l’île de Cuba. Tous les musiciens qui viennent à Cuba la connaissent et elle a été reprise par tout le monde. Mon père s’est inspiré de deux jeunes pauvres : des paysans qui allaient se marier. Le couple est allé au bord de la rivière pour chercher du sable, afin de construire leur maison. La fille est entrée dans la rivière et ses vêtements blancs étaient transparents. Son copain l’a vu et lui a demandé « Juanita, habille-toi !» parce qu’elle était quasi nue. Et c’est à partir de cette anecdote du quotidien cubain que Compay a composé « Chan chan »…


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