mercredi 18 novembre 2009

Je suis une légende... mais pas culte!




Un film réalisé par Francis Lawrence en 2007, avec will Smith et Alice Braga


L'histoire:

Une pandémie qui ravage la Terre, une ville déserte, des survivants, contaminés par un virus, mués inexorablement en vampires. Seul être humain épargné, le docteur Robert Neville (Will Smith) survit dans un New York chaotique et désespérément vide.

"Je suis une légende" part d’une intrigue vue et revue dans les films de science-fiction des années 70. Pour autant, le roman de départ signé par Richard Matheson (L’homme qui rétrécit, La Maison des damnés) apportait une vision originale, dérangeante en décrivant un univers futur névrosé, sclérosé.

Mais le cinéaste peine cruellement à insuffler de la vie à son adaptation. Quelle ironie pour un film ayant pour thème la survivance de l’espèce humaine ! Tâcheron, bon faiseur d’images, Francis Lawrence se contente d’effleurer paresseusement le sujet porté par Matheson. Là où le roman de Matheson est poignant, incisif, à fleur de peau, le film de Lawrence affiche un encéphalogramme plat. Et ce malgré un bon début et une réjouissante scène de chasse à la biche en plein New York !

Résultat : une énième production tremplin pour Will Smith, où tout est prétexte à faire saillir ses muscles. On le sent plus à l’aise pour jouer les pitres dans "Men in black" ! Que le spectateur se rassure : s’il est inhabituellement sobre, il parvient tout de même à placer un numéro comique avec son chien dans la plus pure tradition familiale américaine !

Mais la principale frustration émane du scénario. On aimerait remonter aux origines de cette insidieuse infection qui a plongé l’humanité dans le chaos. Assister à la métamorphose des Hommes en ces êtres mutants et amorphes. Robert Neville s’est montré impuissant à enrayer l’épidémie.

Seulement Francis Lawrence nous met devant le fait accompli et reste évasif sur sa croisade et ses motivations. La question de la responsabilité des scientifiques dans ce désastre est également passée à la trappe. Lawrence ne traite que par un vague flash-back les prémices de la catastrophe. Alors que les défaillances humaines et la fragilité de l’individu face à l’essor scientifique sont les clés même de l’œuvre de Matheson.

La seconde moitié du film n’est qu’une compilation de scènes rapportées piochées a mi chemin entre "Blade", les films de zombie de George Romero et l’ineffable "Buffy". Un flop donc que les images bien léchées et les décors particulièrement soignés ne suffisent pas à sauver des oubliettes de la routine Hollywoodienne.

Et encore, le pire a été évité!

En 1997, Ridley Scott avait envisagé une adaptation du livre-culte de Richard Matheson avec dans le rôle titre… Arnold Schwarzenegger !

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